Projets

23 novembre 2016

Une présentation thématique des projets de développement pour un projet aux multiples dimensions

Seine Gateway, un projet pour faire de la Vallée de la Seine un territoire logistique et de développement industriel renforcé

N. Fussler/IAU îdF

La démarche Seine Gateway a été engagée en 2011 à l'initiative de l'AURH, soutenue par un groupe de travail partenarial ouvert (Grands Ports Maritime du Havre et de Rouen, Ports de Paris, Ports Normands Associés, Voies Navigables de France, Régions de Haute et Basse-Normandie, Logistique Seine Normandie et les agences d'urbanisme de l'Axe Seine).

Le projet Seine Gateway est né du constat que l'essor de Paris et de la région Île-de-France a atteint ses limites dans les périmètres qui sont actuellement les leurs. La vallée de la Seine et le littoral normand peuvent permettre à Paris de bénéficier de la qualité d'un territoire situé dans son prolongement naturel, et surtout de l'ouverture portuaire qu'offrent Le Havre et les ports de Seine et du littoral. Le postulat est que cette ouverture maritime doit donner à Paris une dimension de Ville-Monde indispensable dans la concurrence que vont se livrer les grandes métropoles internationales au cours du XXIe siècle. Seine Gateway est le projet économique stratégique de la vallée de la Seine. Il correspond à la structuration portuaire, logistique et industrielle de la vallée de la Seine par des infrastructures mais aussi par des mises en synergie contribuant à la construction et à l'organisation équilibrée d'un territoire métropolitain ouvert sur le monde.

Plus d’informations ici : http://www.aurh.fr/territoire-et-enjeux/la-vallee-de-la-seine-et-le-seine-gateway/le-gateway-de-la-seine/

Le projet Vallée de la Seine soutient ainsi la réalisation de grandes infrastruc­tures de transport ferré (Liaison Nouvelle Paris-Norman­die/LNPN, Serqueux-Gisors) et fluvial (modernisation de barrages et écluses), de grands équipements portuaires (notamment le développement des terminaux à conte­neurs au Havre, l’amélioration des accès nautiques à Rouen, les ports Seine Métropole Ouest et Triel-sur-Seine et l’extension du port de Limay en Seine Aval IDF), mais aussi la structuration de filières industrielles en lien avec le plan national de « Nouvelle France industrielle ». La Val­lée de la Seine est tout particulièrement identifiée pour porter la transition vers une économique circulaire plus vertueuse en gestion des ressources naturelles, vers des solutions d’éco-mobilité pour les personnes et les mar­chandises, et pour le développement des énergies renou­velables.

Télécharger le rapport logistique 2015

Des projets pour améliorer le transport durable de marchandises et de passagers

Silos de la zone industrielle de Grand Quevilly ©AURBSE

Les projets majeurs portés par le CPIER sont les suivants :

  • LNPN : (Ligne nouvelle Paris Normandie)
    Cette opération, dont le tracé est en cours de concertation, reliera Paris Rouen Le Havre d’une part, Paris Caen Cherbourg de l’autre, en passant par Evreux. Il vise à :
    • améliorer la qualité de service : régularité, ponctualité
    • augmenter la fréquence et le nombre de dessertes ferroviaires,
    • réduire les temps de parcours,
    • contribuer au développement de la vallée de la Seine.
  • Modernisation de l’axe ferroviaire Serqueux-Gisors
    Cette opération relève de la promotion des itinéraires alternatifs pour le transport de fret. Ce maillon ferroviaire est inscrit au réseau transeuropéen de transport au titre de l’amélioration de la desserte des biens et des personnes entre la façade océanique et le coeur de l’Europe.
  • Aménagement de Port Seine-Métropole, dans la zone d’Achères
    Point d’interconnexion entre la Seine, l’Oise et l’Escaut, et entre les régions de la Vallée de Seine et celles du nord de l’Europe, le projet de Port Seine Métropole a vocation à implanter une plateforme trimodale de fret, consolidant la performance logistique de l’axe Seine.
  • Développement des installations industrialo-portuaires dédiées à l’éolien offshore et aux énergies marines renouvelables (Ports normands associés, HAROPA, Dieppe et Fécamp)
    À côté de ces quatre opérations exemplaires, l’analyse menée à partir des contributions et des études déjà réalisées, a permis d’établir une liste d’opérations plus large, pouvant être labellisées « Vallée de la Seine », même en dehors de financements spécifiques.
  • Aménagements portuaires et/ou fluviaux
    L’accès fluvial à Port 2000 au Havre et l’accueil des porte-conteneurs, les accès nautiques au port de Rouen, grâce à l’arasement du chenal et à l'adaptation des quais ; la modernisation et la valorisation des équipements fluviaux de la Seine aval (barrages, écluses, passes à poisson…), la prise en considération d’opérations ciblées en  amont (liaison Bray-Nogent, bassin de l’Oise) et l’évolution du réseau de ports fluviaux sur la Seine à l’amont de Rouen, Alizay, Limay, Triel notamment.
  • Renforcement des axes ferroviaires
    Pour compléter le maillage ferroviaire existant accessible au transport de fret, (port de Dieppe, plateforme bimodale de Mézidon, axe Rouen-Caen-Le Mans-Tours,…) en lien avec le grand projet de modernisation du réseau, conduit par SNCF Réseau.
  • Desserte terrestre routière et désenclavement des zones urbaines denses et des zones logistiques d’intérêt majeur
    La liaison A 28 - A 13 avec la desserte de plateformes logistiques multimodales du sud de Rouen, les dessertes des plateformes logistiques en Île-de-France : Roissy, Achères, Bonneuil-sur-Marne) incluant le bouclage de l’autoroute A 104 (dont la  complexité est notoire, mais indispensable à la fluidité à long terme des trafics).

Une stratégie économique intégrée à développer

Plaine de Montesson et quartier de la Défense ©IAU

Le Schéma Stratégie Vallée de la Seine 2030 a permis de mettre en avant les orientations suivantes en termes de stratégie de développement économique :

  • Promouvoir des actions de marketing territorial afin d’accroître la visibilité nationale et internationale du territoire, notamment par la mise en place d’un label « Vallée de la Seine ».
  • Conforter les pôles d’excellence des filières historiques (automobile, chimie, aéronautique, pharmacie) en accroissant leur rayonnement et en anticipant les mutations.
  • Développer la logistique et les mobilités durables, véritables piliers économiques de la Vallée de la Seine, en s’appuyant notamment sur les deux pôles de compétitivité interrégionaux, Nov@log et Mov’eo.
  • Maximiser les atouts du territoire en matière d’énergies renouvelables, notamment marines, par le développement de la recherche et de l’innovation dans les domaines de la production, du transport, du stockage et de la gestion.
  • Valoriser les atouts du territoire en matière de nouveaux matériaux et d’économie circulaire en recourant à l’expérimentation.
  • S’appuyer sur le potentiel de la Vallée de la Seine dans le domaine de la santé pour  développer les projets mutualisés.
  • Diversifier les débouchés agricoles autour des circuits courts et des usages non alimentaires.
  • Structurer le développement numérique autour des pôles de compétitivité afin de permettre à la Vallée de la Seine de se positionner comme territoire d’excellence dans ce domaine.
  • Harmoniser l’offre de formation sur le territoire de la Vallée de la Seine en coordonnant les formations supérieures au niveau interrégional, en adéquation avec les besoins des entreprises et des salariés et en lien avec les pôles de compétitivité.
  • Tirer parti des atouts patrimoniaux et culturels en construisant une offre touristique à l’échelle de la Vallée de la Seine pour développer son rayonnement international et son attractivité économique.

Une organisation urbaine à équilibrer

Les terrasses de Nanterre, Paris La Défense ©AURH

Le projet Vallée de la Seine consolide également une vision globale de l’aménagement des territoires. Les orientations portées par les acteurs sont les suivantes :

  • Faire de la Vallée de la Seine une référence de l’aménagement durable en lien avec le fleuve et le littoral
  • Fédérer les nombreuses initiatives locales autour d’une charte d’aménagement, de la procédure de labellisation, de l’échange d’expériences, de la diffusion des bonnes pratiques et de l’appui à l’ingénierie territoriale
  • Apporter un soutien particulier aux sites les plus stratégiques pour le développement de la Vallée de la Seine à l’horizon 2030
  • Promouvoir la bonne insertion urbaine, paysagère et naturelle des activités industrielles et portuaires en assurant un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes des territoires concernés
  • Sur les territoires à cheval entre deux régions, tels que le Vexin, favoriser les dialogues et les projets de territoire interrégionaux
  • Construire une vision globale des besoins et des opportunités fonciers en s’appuyant sur les recensements locaux et régionaux
  • Réhabiliter les sites industriels dont le foncier est sous-utilisé et reconvertir les friches
  • Encourager dans les futurs aménagements le recours aux écofilières de la Vallée de la Seine notamment dans les domaines des mobilités durables, des énergies renouvelables, de la biomasse, des écomatériaux, des modes durables d’acheminement des matériaux de construction et de la valorisation des déchets

Des atouts touristiques à valoriser

Berges de Seine à Carrière sous-Poissy, Yvelines

L’analyse partagée des nombreuses informations déjà disponibles (schémas, plans, études de marché) permet de développer des actions communes à l’échelle de la Vallée de la Seine et d’identifier de nouveaux produits à destination des visiteurs locaux, nationaux ou internationaux (circuits touristiques ou guides interrégionaux valorisant les potentialités du territoire):

  • Les croisières maritimes et fluviales, dont la clientèle se diffuse sur l’ensemble du territoire
  • L’impressionnisme, à travers les nombreux sites emblématiques de ce mouvement
  • La mémoire autour de la bataille de Normandie et de la Libération de Paris
  • Les circulations douces empruntant les itinéraires des véloroutes et voies vertes (la Véloscénie Paris - Le Mont-Saint-Michel, l’Avenue verte London-Paris, Seine impressionniste, véloroute du littoral)
  • La qualité environnementale et paysagère (les trois parcs naturels régionaux, les réserves naturelles, etc.)
  • Le tourisme d’affaires (meeting industry) constitue une porte d’entrée intéressante pour le territoire dans la mesure où il permet, au-delà de l’évènementiel professionnel, de donner envie de revenir, soit comme touriste, soit comme habitant. En complément des points forts bien connus que sont l’agglomération parisienne et Deauville, dans des registres différents, l’articulation entre les acteurs est susceptible d’être renforcée

Dans le tourisme aussi, l’innovation, technologique et non technologique, joue un rôle primordial pour le développement du secteur, à l’image de l’introduction des usages liés aux nouvelles technologies (services numériques, géolocalisation et navigation, virtualisation et réalité augmentée, etc.)

Un écosystème à préserver

Vue de la Seine depuis le pont d’Argenteuil, 2016 ©Apur

Les dimensions environnementales sont au cœur de la stratégie pour la Vallée de la Sein. lIL s’agit en effet de :

  • Restaurer les continuités et les milieux écologiques d’intérêt interrégional en assurant le traitement exemplaire des nouvelles infrastructures, le rétablissement des continuités sur les axes existants et la gestion coordonnée de l’estuaire de la Seine
  • Valoriser les paysages et le patrimoine naturel à travers la gestion coordonnée des berges, des communications sur la trame paysagère de la Vallée de la Seine et le développement de l’écotourisme, notamment autour des véloroutes
  • Mieux gérer l’eau et les risques d’inondation, de sécheresse et de pollution en lien avec les démarches à l’échelle du bassin hydrographique de la Seine, notamment en structurant la gestion du grand cycle de l’eau sur la Seine aval

Les porteurs de projets s'inscrivant dans les objectifs de la démarche Vallée de la Seine peuvent candidater aux financements du CPIER. Ils peuvent, en ce sens, se rapprocher des signataires du CPIER :